ET TOI TU MARCHAIS
"Nuit gare hôtel. Train. Vide une fois. Terrible ça. Train désert. Soif des gens. Faut respirer. Ne pas perdre le rythme. Bouche nez bouche nez bouche nez. Bouche et nez bée comme pieds et poings liés. Train vide. Et toi là ."
Ecrire pour raconter ce que ça fait de se trouver en plein centre d’une histoire. En plein centre du dédale des rues de nos villes. Tout file à pleine vitesse autour de nous. Raconter ce que ça fait de se sentir immobile parmi les immeubles. Raconter ce que ça fait d’avoir l’envie furieuse de partir.
Dans cette histoire il y a Je et il y a Tu. Mais il y a aussi Elle. Elle, c’est le centre. Le nœud de cette histoire. Il y a le souvenir d’elle, et c’est précieux. On a tous ce souvenir précieux. Le but est de ne pas le perdre de vue.
Il y a aussi la répétition des jours qui défilent sur l’Homme et l’usure qui en découle. Le temps comme obstacle infranchissable. Comment se sentir à son aise dans cette époque où le temps est un poids de plus en plus pressant ? Comment se situer face à cette vie qui défile devant soi ? Alors avancer coûte que coûte. Prendre le temps d’avoir peur, de se souvenir. Il faut prendre des risques, on fera les comptes plus tard.
Le travail d’écriture aura pris plus de deux ans. Il en aura fallu parcourir des rues. Au final, le texte est là et il est prêt à être travaillé, modelé. Ce travail est un récit de sensation. Il est écrit pour les oreilles. Alors, naît le sentiment de vitesse et de chute. C’est une partition pour voix.
Note du metteur en scène
Cette écriture se confronte au quotidien d’aujourd’hui, et part à la recherche d’une poésie à trouver et à faire exister sur scène. Il s’agit donc d’un travail poétique sur la trivialité du réel.
Ecriture pouvant trouver son inspiration du côté de Samuel Beckett ou Jon Fosse (écriture de la répétition de l’immobilisme du faux mouvement de la spirale de la quête du silence).
Ce monologue à plusieurs voix (TU/JE/ ELLE/ NOTE A TOI) sera représenté par un seul comédien sur scène, entouré par trois écrans qui l’entourent, l’enferment, tel les murs d’une chambre ! Ainsi que par les voix démultipliés de lui, je, elle et les autres… Lui venant de tous côtés de l’espace.
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Séance de travail septembre 2011
Image de Françoise Bertero