OH LES BEAUX JOURS
de Samuel Beckett
« Les mots vous lâchent, il est des moments ou même eux vous lâchent. Pas vrai, Willie ? Pas vrai, Willie, que même les mots vous lâchent par moment ? Qu'est-ce qu'on peut bien faire alors, jusqu'à ce qu'ils reviennent ?
Enfoncée jusqu'au torse dans un mamelon terreux au centre d'une étendue brûlée par un soleil impitoyable, semblant devoir l'absorber peu à peu toute entière, Winnie (telle un oiseau avec du pétrole sur les plumes), s'abritant sous son ombrelle, bavarde, chantonne, fouille dans son sac à main, embrasse le canon d'un revolver, évoque ses souvenirs, ses petits malheurs, se tait, prie, s'absente, s'adresse à son Willie de mari, lequel répond quand ça lui chante, préférant lire un journal défraichi ou scruter une carte postale pornographique ...
Une histoire sur le temps, la mémoire, le passé, l'avenir, la connaissance, l'espoir, qui nous pousse toujours plus loin dans les retranchements de notre conscience.
Jeux de mots et calembours, parfois proche du boulevard, dans ce lieu désertique de fin du monde, cette image d'apocalypse!
Coup de soleil et théâtre
Jamais sans doute Beckett n'a été si drôle! (c'est-à-dire si cruel !)
« La gravité, Willie, j'ai l'impression qu'elle n'est plus ce qu'elle était. »
Mise en scène et scénographie : Jean-Luc Terrade